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Augmentation de l'espace de votre blog
| A l'occasion de la coupe du monde et pour encourager notre équipe national, WebTunisien.com augmente tous les espaces d'hébergement de 10 Mo. |
Posted: 1:17 AM, 6/11/2006 |
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Saint Valentin
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Un jour, dans le cadre d’une liaison amoureuse qui m’avait liée à une jeune tunisoise de la classe «graissée», lors d’un de mes délicieux mariages de plaisir, elle était venue me voir en m’amenant un bouquet de narcisses, acheté à l’un des pauvres enfants du souk de Bab Souika. Ce n’était ni mon anniversaire ni celui de ma mère et j’étais d’autant plus gêné que, hormis le fait que je détestais l’odeur des narcisses malgré la beauté du nom et de la fleur, je faisais partie de ces jeunes tunisiens timides qui se sentent embarrassés lorsqu'ils tiennent un bouquet à la main. Bref, elle me l’avait présenté en me donnant deux baisers sur la joue - j’en étais devenu cramoisi- et en me disant qu’elle me les offrait à l’occasion de Saint Valentin. Moi, l’enfant des quartiers arabes, je ne connaissais ni Saint Valentin, ni les bisous sur la place publique. D’ailleurs, et entre nous, le seul saint français que je connaissais était Saint Germain du PSG, le club de foot parisien. Je lui ai donc demandé de m’informer sur ce saint et de me raconter son mémorial pour que Dieu nous recouvre de sa baraka. Elle, elle pensait que j’étais en train de me moquer d’elle parce que je lui ai dit que je n’ai jamais rencontré son nom ni dans mes lectures ni dans ma vie. Elle me disait avec toute la cajolerie de son dialecte franco-tunisien : « non…tu ne connais pas Saint Valentin, tu plaisantes, hein ! Allez Chadi ! yezzi milblada…je t’en prie…yezzi...arrête…» Je lui ai juré par Dieu, par son prophète et par tous nos saints des environs, de Sidi Mehrez à Sidi Bou Said El Baji, je suis même allé à jurer par le saint de la grotte, le plus vénéré des saints tunisois, Sidi Belhassen. Elle riait, mais elle ne voulait pas me croire. Et puisque je ne savais pas qu’il s’agissait en fait d’un saint romain, je l’ai interrogée sur le lieu de son marabout pour aller au moins allumer une bougie ou faire brûler une pincée d’encens et lire sur sa tête al-fatiha. Là, elle a éclaté d’un de ces fous-rires qui laissaient deviner l’aisance de vie de certaines couches sociales en Tunisie. Puis ayant du mal à s’arrêter, elle m’a informé ce que j’ignorais… ce qui en fait m’avait vexé et surpris : le Saint Valentin était un saint chrétien, le jour où on le fête coïncide, par je ne sais quel secret cosmique, avec le début de la période des amours chez les oiseaux …oui les oiseaux et leur pariade ! Depuis, il est devenu, par je ne sais quelle coïncidence, la fête des amoureux ! Moi qui ne connaissais que la période de rut des chats errants et des chiens va-nu-pieds et sans maître, je savais aussi que l’amour aux yeux des nantis du monde signifiait souvent sexualité. J’ai cru alors qu’il était dans mon devoir de faire l’amour avec elle pour ne pas fâcher le Saint Valentin et pour ne pas décevoir mon amie, puisque je savais aussi, de par mon expérience et celle de plusieurs de mes amis, que la sexualité pour les gens de la classe huppée de la Tunisie était devenue une passion très sollicitée voire même une thérapie contre le stress, comme le yoga, qui les aide à supporter le « sous-développement » et « l’incivilité » de leurs concitoyens. Avant de lui proposer de venir avec moi à Bizerte pour une cérémonie d’initiation au mariage du plaisir, une idée qu’elle a trouvé originale, j’ai tenu, pour réparer mon amour propre blessé par cette mésaventure, à aller demander aux jeunes entassés sur les terrasses des cafés de Bab Souika s’ils connaissaient, comme mon amie, Saint Valentin. Moi, qui prétendais être un amant parfait et un connaisseur de l’amour, moi qui étais plus vieux qu’elle, qui avait beaucoup voyagé et lu, je n’avais pourtant jamais entendu parler de ce saint. C’était devenu une affaire d’honneur et une obsession que de savoir si j’étais le seul, dans les lieux, à ignorer l’existence de cette fête des amoureux. Quant à elle, elle riait comme une folle tout en me barrant la route des terrasses arguant que ce n’était pas le meilleur endroit pour poser ce genre de questions et qu’il me fallait désormais me rendre aux quartiers huppés comme El Menzah, El Manar, Mutuelleville ou dans les banlieues nord de la capitale, à la Marsa et à Sidibou. Là tout le monde, paraît-il, bien sûr à part les vendeurs des fruits secs, connaissaient l’histoire de Saint Valentin par cœur, comme celle de Noël ou du nouvel an. Ce jour-là, le voile qui m’a longtemps empêché de voir l’autre face de la Tunisie était définitivement tombé et j’ai réalisé que sous le même toit cohabitaient en Tunisie cinq groupes sociaux radicalement différents : il y a les noyés dans la culture et la langue française qui n’ont aucun contact avec l’expression culturelle arabo-musulmane; il y a ceux qui sont suspendus entre les deux cultures, arabo-musulmane et française, parlent les deux langues et se nourrissent des deux espaces culturels; il y a les arabisants fervents qui appartiennent à l’espace culturel arabe mais ne sont pas influencés par le religieux; il y a les absorbés par la culture arabe et islamique et infiniment influencés par le religieux; et enfin il y a ceux qui ne maîtrisent ni l’arabe ni le français et ne parlent qu’un dialecte pauvre en vocabulaire et en culture. Et ces derniers sont très, très nombreux.
Un texte dont je ne suis pas l'auteur et que j'ai trouvé sur le net
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Posted: 5:59 AM, 2/18/2006 |
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SMSI, ou la gueule de bois
Comme tousles tunisiens, je attendais
beaucoup de l'SMSI, surtout que cela faisait ple d'une année qu'on nous
cassait les oreilles avec et ça et pour tout vous dire je suis resté
sur ma faim.
En effet, pour un évênement planétaire comme celui-ci, je croyais
que Tunisie Télécom allait nous annoncer une baisse des tarifs de
l'ADSL, ou débit plus élevé mais rien.
Les FSI locaux, c'est à dire Planet, GlobalNet, Topnet, Tunet et
hexabyte ont été eux aussi d'une extraordinaire tansparence,...
Tunisiana a pendant un moment pris le flambeau avec son affichage
publicitaire Imagine mais non, la aussi la déception futau rendez-vous.
Quand aux différents industriels de téléphonie tel Nokia, Samsung,
LG,... eux aussi ont été absent. Même pas d'offres spécial pendant
l'SMSI.
Et ce fut ainsi pour tous les acteurs du SMSI. Il n'y a que ce blog qui m'a énormément fait plaisir.
Le lancement de premier blog tunisien lors des SMSI, oui voilà une excéllente nouvelle.
Malheureusement, il s'agit d'un fait. Les tunisiens se désintéresse de
toute manifestation qui se déroulent sur leur sol. industriels,
producteurs, comme consommateur! C'est vraiment dommage.
Résultat pendant 3 jours on a vécu dans une ville phantome, tout le monde s'étant eclipsé pour s'occuper de sa petite personne.
C'est dommage pour la Tunisie.
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Posted: 8:52 AM, 11/20/2005 |
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Fatma Bousaha est dans la place,... Houray
Vous venez de vous faire enboutir
l'arrière de votrfe voiture par une 404 bachée, une Isuzu ou tout autre
véhicule de déstruction massive? Décompréssez-vous et répétez après moi: En coeur:zougou déléla ragela zougou daléla ragela zougou daléla el colika a la fard el sléla el ragela(ragela) Solo: zougou déléla ragela zougou daléla ragela zougou daléla el colika a la fard el sléla el ragela(ragela)
zougou déléla ragela zougou daléla ragela zougou daléla el colika a la
fard el sléla el ragela(ragela)iéha iéha ihéa ihéa haya éhein éye aiwa
aiwa hé En coeur: zougou déléla ragela zougou daléla ragela zougou daléla el colika a la fard el sléla el ragela(ragela) Solo: zougou mergéza iha ou jhou a lblasa (ragela) zougou mergéza iha ou jhou a lblasa (ragela) ki ma fél lblasa ya hasra
Voilà, si après ça vous n'avez pas envie d'en finir avec la vie... vous
serez blinder, prêt à affronter le pire de vos cauchemards.
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Posted: 2:12 PM, 11/19/2005 |
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Marcher en zone Libre
Nous reproduisons ici un document d’une rare densité et clarté sur la
communauté du Libre en général et GNU/Linux en particulier.
Le style alerte, le sérieux des informations, et la tonalité générale
donnent une bonne idée de l’état d’esprit qui peut régner sur le site
Léa-Linux, site d’origine de l’article.
Pour tout "néolinuxien" c’est notre site de référence. Alors n’hésitez
pas à le consulter mais également à participer car ce ne sont pas les
besoins qui manquent (en particulier pour ce qui concerne la nécessaire
mise à jour des docs).
Vous trouverez en bas de page une version PDF de la première version du document.
Les communautés, l’éthique, les querelles intestines, les acteurs, les ennemis et quelques mots en plus.
Historique des versions
* Version 2.0, 2005-10-30 par Aymeric. Mise à jour
en fonction de l’actualité, ajouts et corrections divers. Changement de
licence pour la FDL.
* Version 1.0, 2003-12-16 par Aymeric. Version
initiale publiée sous le pseudonyme ’Jonesy’ sous licence CC-BY-ND.
Note : Ce document contient beaucoup de liens Internet, internes au
document comme externes. Les liens internes sont présentés sous forme
d’Astérisque entre crochets.
Mais où avez-vous mis les pieds ?
Le plus souvent, et pour la plupart d’entre nous, nous mettons les
pieds dans le monde Libre en essayant ce système d’exploitation gratuit
dont tout le monde parle et que nous appelons Linux. Et cela sans pour
autant savoir où nous avons mis les pieds...
Premiers pas
Le tout premier pas est l’installation de ce nouveau système
d’exploitation. Le second est d’y apporter toutes les petites touches
afin de le rendre complétement fonctionnel et de le personnaliser selon
ses préférences.
Cela demande du temps de savoir comment utiliser ce nouveau système.
Cela pousse, voir impose, de partir à la découverte de ce dernier et de
sa machine que nous ne connaissons pas forcément aussi bien que nous
pourrions le croire.
L’un des grands classiques lors de nos premiers pas dans ce nouveau
monde est de chercher des ressemblances, des équivalences, à ce que
l’on a connu avant. Il nous faut donc aussi apprendre à installer et
utiliser ces équivalents.
Toute cette agitation, toutes ces nouvelles choses vont petit à petit nous faire découvrir un nouveau monde...
Première découverte...
Ce n’est pas gratuit, c’est Libre !
Qu’est ce que le Libre ?
Dans le contexte de cet article, Libre fait référence aux Logiciels
Libres selon la définition de la Free Software Foundation (FSF).
Voici les lignes importantes de la définition de Logiciel Libre sur gnu.org :
L’expression « Logiciel libre » fait référence à la
liberté et non pas au prix. Pour comprendre le concept, vous devez
penser à la « liberté d’expression », pas à « l’entrée libre ».
L’expression « Logiciel libre » fait référence à la
liberté pour les utilisateurs d’exécuter, de copier, de distribuer,
d’étudier, de modifier et d’améliorer le logiciel. Plus précisément,
elle fait référence à quatre types de liberté pour l’utilisateur du
logiciel :
* La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
* La liberté d’étudier le
fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins (liberté 1).
Pour ceci l’accès au code source est une condition requise.
* La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin (liberté 2).
* La liberté d’améliorer le
programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute
la communauté (liberté 3). Pour ceci l’accès au code source est une
condition requise.
Un programme est un logiciel libre si les
utilisateurs ont toutes ces libertés. Ainsi, vous êtes libre de
redistribuer des copies, avec ou sans modification, gratuitement ou
non, à tout le monde, partout. Être libre de faire ceci signifie (entre
autre) que vous n’avez pas à demander ou à payer pour en avoir la
permission."
Je vous invite à aller lire la définition complète.
Ceci est notre définition de Libre, mais il existe d’autres définitions, qui différent sur quelques points.
Entre autre, sur linux-france.org, nous avons ceci :
Un système ou un logiciel est dit « libre » quand il
est fourni accompagné de ses spécifications et/ou de son code source.
De la sorte, vous êtes vraiment libre d’en faire ce que vous voulez,
puisque vous savez comment il fonctionne, contrairement aux boîtes
noires propriétaires grâce auxquelles les éditeurs conservent une
mainmise sur les données. Exemple : le noyau Linux.
Note importante : selon certains, un logiciel n’est vraiment libre que
si l’on peut le modifier et distribuer librement ces modifications (y
compris sans en donner les sources, dans certains cas). Il existe des
dizaines de licences différentes se disant libres : lisez-les et faites
votre choix... Librement."
Le monde des Logiciels Libres, qu’est ce que c’est ?
C’est l’ensemble des personnes et des organisations travaillant et soutenant les Logiciels Libres.
C’est donc un ensemble de personnes à travers le monde, parlant des
langues différentes, avec des cultures différentes, qui s’associent
grâce et à travers le réseau Internet afin de participer à des projets
Libres.
Les projets sont, le plus souvent, des programmes pour ordinateur
personnel qui fonctionnent sous GNU/Linux[*], lui-même étant un projet
Libre. Mais on trouve aussi des projets Libres pour toutes sortes de
système d’exploitation et d’architectures (PPC, Sparc, Alpha, ...).
Cet ensemble de personnes forme la communauté du Libre, qui fait donc
partie des communautés informatiques. Comme dans toute communauté, il y
a des querelles, des personnes influentes, des ennemis, un vocabulaire
et des règles.
Pas seulement des logiciels
Le monde Libre ne touche pas seulement les logiciels. C’est un vaste
monde qui touche les sciences, le savoir et l’Art. Quelques sites :
* Une encyclopédie en français (la même en anglais).
* Un dictionnaire Français.
* Les cours du célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology).
* L’édition.
* L’Art.
* Un musicien de Jazz.
* ...
Bien entendu, ces domaines différents des logiciels se protégent avec d’autres licences mieux adaptées à leur activité.
Comment fonctionnent les Logiciels Libres ?
Nous pouvons, effectivement, nous demander comment toutes ces personnes
font pour travailler ensemble à travers le réseau internet. C’est
simple et compliqué en même temps. En très simplifié, voici le
processus : Des idées de projets naissent dans des esprits et le
développement commence. A un moment ou un autre, les auteurs décident
de mettre les sources, la recette de cuisine du logiciel, à la
disposition de tous via Internet sous une licence Libre. Et Internet
étant un média public et international, d’autres personnes vont
découvrir le projet et proposeront leur aide afin de faire avancer le
projet et de l’améliorer. Ensuite le développement se poursuit d’une
manière propre au projet et à son leader.
Eric S. Raymond s’est d’ailleurs penché sur le problème et il a écrit
La Cathédrale et le Bazar qui est une référence dans le monde Libre.
Deuxième découverte : Trois communautés
Pour simplifier, le monde des Logiciels Libres est principalement divisé en trois communautés prédominantes :
* La communauté de l’Open Source (le terme français étant source ouverte, mais personne ne l’utilise)
* La communauté du Logiciel Libre (ou Free Software en anglais)
* La communauté BSD
Si vous êtes nouveau venu dans ce milieu, la différence vous paraîtra
certainement inexistante, mais elle est sujette à de nombreuses
discussions et querelles.
La communauté de l’Open Source
En résumé : Ce qui compte c’est le résultat technique obtenu grâce au
partage des sources et à la contribution de tout un chacun. When
programmers can read, redistribute, and modify the source code for a
piece of software, the software evolves.(Open Source Initiative, "Quand
un développeur peut lire, redistribuer, et modifier le code source pour
une partie d’un logiciel, le logiciel évolue.")
* Le site politique : Open Source Initiative
* Une figure emblématique : Linus Torvalds.
* Un projet phare : Le noyau Linux.
La communauté du Logiciel Libre
En résumé : Le côté éthique et moral du Libre est primordial (partage
des connaissances, du savoir,...), le partage des sources n’étant qu’un
moyen d’y arriver. Free software is a matter of freedom : people should
be free to use software in all the ways that are socially useful.
(Philosophy of the GNU Project, "Le Logiciel Libre est une question de
liberté : les personnes devraient être libres d’utiliser les logiciels
de toutes les façons socialement utiles.")
* Le site politique : Free Software Fondation
* Une figure emblématique : Richard Stallman.
* Un projet phare : GNU.
La communauté BSD
En résumé : Ce qui compte est la liberté du développeur
d’utiliser son code aussi bien pour du logiciel Open Source que pour du
propriétaire. We believe that our first and foremost "mission" is to
provide code to any and all comers, and for whatever purpose, so that
the code gets the widest possible use and provides the widest possible
benefit. (FreeBSD FAQ, "Nous croyons que notre première et principale
"mission" est de fournir du code [source] à tout le monde et n’importe
qui, et ce quel que soit le but, de manière à ce que ce code [source]
ait la plus large utilisation possible et fournisse le plus grand
bénéfice possible.")
* Le site politique : Daemon News (un article).
* Une figure emblématique : Jordan Hubbard
* Un projet phare : FreeBSD.
Bien entendu, de telles communautés n’ont pas de chefs élus ou
désignés. Chacun y fait ce qu’il veut et n’obéit à personne. Mais d’une
certaine façon, la rénommée de certaines personnes, grâce à leur
travail, leurs contributions au Libre et leurs idées en font des chefs
de file pour les autres.
Par contre, ces communautés se mélangent, surtout les deux premières,
car la grande communauté participant aux Logiciels Libres est dans la
réalité sub-divisée en autant de projets et d’organisations qu’il en
existe. Les projets, eux, peuvent avoir des chefs élus ou non. Et ils
sont plus ou moins orientés politiquement. Par exemple Debian élit ses
chefs et est orienté Logiciel Libre.
Découverte suivante : D’autres systèmes
Voici une liste, non exhaustive, des différents noyaux et systèmes
d’exploitation développés par la communauté du Libre. Je ne vous ferai
pas l’affront de parler de GNU/Linux, mais au besoin voici un autre
article d’introduction.
Le projet GNU
Qu’est ce ?
Le projet GNU est né en 1984 sur l’initiative de Richard Stallman et à
pour but de créer un système d’exploitation Libre de type Unix.
C’est pour protéger ce projet que les licences GPL et FDL ont été créées, ainsi que d’autres.
GNU signifie GNU is Not Unix ("GNU n’est pas Unix"). Ce qui donne un
acronyme récursif, car l’acronyme est contenu dans la signification.
C’est un petit jeu d’informaticien ! De plus GNU a pour symbole le
Gnou, dont la prononciation est ressemblante, et rend presque comme new
en Anglais.
Différences avec GNU/Linux
Il n’y en a qu’une seule ! C’est le noyau, mais comme c’est le coeur du
système cela implique beaucoup de choses... Le projet GNU a son propre
noyau : Hurd, mais il n’est opérationnel que depuis 2002. Jusqu’à cette
année là, il manquait un noyau pour le système GNU, donc quand Linux
arriva en 1991 il prit tout naturellement la place inoccupée. Mais
Linux ne fait pas partie du projet GNU. Donc un système GNU/Linux
utilise le noyau Linux avec les outils développés pour le projet GNU et
d’autres outils, tel que X.Org, KDE et d’autres qui ne font partie ni
du projet GNU, ni du projet Linux.
Comme pour GNU/Linux, le principe de distribution existe pour le projet
GNU/Hurd, mais à ma connaissance, il n’y en a qu’une seule : Debian
GNU/Hurd
Et si vous vous demandez pourquoi le projet GNU a développé le noyau
Hurd, je crois que l’une des raisons est purement technique : Linux est
un noyau monolithique, bien qu’il ait des modules depuis la version
2.2, alors que Hurd est un micro noyau ("micro kernel" en anglais).
Linus Torvalds pense que les micro noyaux n’ont techniquement aucun
intérêt, contrairement à Richard Stallman qui les pense optimaux.
Une petite anecdote amusante, le nom Hurd signifie, en anglais,
"troupeau". Ce qui donne un troupeau de Gnou et Hurd avec son
architecture micro noyau peut être considéré comme un troupeau de
noyaux.
Il est bon de signaler que le noyau Hurd est en cours de refonte
complète afin d’en faire un noyau L4 en place d’un noyau Mach. Il est
donc aussi appelé Hurd/L4.
Autres systèmes d’exploitation Libres
Bien entendu, Linux et Hurd ne sont pas les seuls noyaux Libres et il existe d’autres systèmes d’exploitation Libres.
Les principaux étant les projets dérivés du système : BSD de Berkeley,
que l’on appelle d’une façon générale, les BSDs. Ils font donc partie
de la famille des Unix et ils ont tous ce qui fait un système moderne
comme l’interface graphique. Presque tout ce qui tourne sous GNU/Linux
ou GNU/Hurd peut tourner sous les BSDs, car ils respectent tous la
norme POSIX.
Les principaux systèmes BSDs sont :
* FreeBSD
* NetBSD
* OpenBSD
Les principales différences avec GNU/Linux et GNU/Hurd[*] sont le
noyau, l’organisation générale du système, et le fait que se soient des
systèmes complets et qui plus est sous licence BSD au lieu de GPL.
Ensuite, pour citer quelques autres systèmes Libres, il existe aussi Atheos, Unununium et FreeDos.
Il existe encore d’autres systèmes gratuits mais pas ou partiellement
Libres, tels que QNX et Darwin. Ce dernier étant le noyau, basé sur
FreeBSD, de Mac OS X, le dernier-né d’Apple. Et citons enfin,
OpenSolaris, le portage Open Source de l’Unix propriétaire Sun Solaris.
Quatrième : Les querelles intestines
Après ce chapitre, vous ne pourrez plus dire que l’on ne vous a pas
prévenu... humm... Ou comment éviter les sujets qui fâchent !
BSD vs Linux
On ne peut pas dire que les utilisateurs des systèmes BSDs aiment
particulièrement Linux, le noyau, et réciproquement. Je vois deux
raisons à cela :
* La licence BSD est plus tolérante quant aux
possibilités d’utilisation / intégration. Elle peut donc satisfaire les
besoins des éditeurs de logiciels / OS propriétaires. Cette plus grande
liberté d’utilisation ne doit pas être confondue avec la notion de
Logiciel Libre.
La licence BSD autorise l’intégration de
son code dans un logiciel propriétaire et la non-redistribution des
améliorations éventuellement apportées vis à vis de la communauté. Elle
est donc considérée comme plus "Libre" par la communauté BSD, tandis
que pour d’autres elle soulève des problèmes.
* Et, bien évidemment, les raisons techniques : le noyau, l’organisation du système, les paquets,...
Pour aller plus loin dans la comparaison "BSD vs Linux", je vous invite
à lire "BSD for Linux users" (en Anglais) écrit par un utilisateur de
FreeBSD.
BSD vs BSD
Comme nous l’avons vu plus haut, il y a différents systèmes BSD, les 3
principaux étant FreeBSD, NetBSD et OpenBSD. Et bien sachez que même
entre eux, ils ne s’aiment pas trop. Là, c’est plus une histoire de
personne et de personnalité qu’autre chose. Mais bien sûr, chaque BSD a
aussi ses spécificités et sa philosophie.
Pour un nom
Il y a une grosse querelle entre la communauté de l’Open Source et la
communauté du Logiciel Libre à propos du nom à donner au système
d’exploitation utilisant le noyau Linux. Les raisons en sont
techniques, premièrement un système GNU/Linux utilise les outils du
projet GNU et deuxièmement, le noyau Linux est compilé (cuisiné,
souvenez-vous, la recette de cuisine...) avec GCC, le compilateur du
projet GNU et la bibliothèque Glibc.
Les premiers considèrent ne rien devoir au projet GNU, donc pour eux le
nom est Linux tout simplement. Les seconds considèrent que le noyau
Linux et le système en découlant n’existeraient pas sans le projet GNU,
donc ils aimeraient une reconnaissance de leur travail en appelant le
système GNU/Linux.
Sachez que lorsque l’on parle de GNU/Linux, vous pouvez être certain
qu’il s’agira du système dans son ensemble, et que lorsque l’on parle
de Linux, cela dépendra du contexte pour déterminer de quoi nous
parlons.
Pourquoi GNU/Linux ? Pourquoi pas GNU-Linux, Linux/GNU ou autre ?
Pour faire court, cela se résume simplement à une histoire de
’combinaison’ de mots, le premier indiquant la contribution principale.
Ce qui en français donnerai plutot GNU-Linux, le slash ("/") signifiant
l’aternative. Mais vous trouverez les réponses à vos questions sur la
page Qu’y a-t-il dans un nom ? et, en anglais, dans la FAQ GNU/Linux.
J’en ai une interprétation plus personnelle, le séparateur de
répertoire sous GNU/Linux est le slash, ce qui est un signe distinctif
de la famille des Unix.
Ensuite l’ordre GNU/Linux et non Linux/GNU, cela peut signifier GNU sur
Linux, ce qui techniquement est vrai, puisque Linux est la couche du
système la plus basse et les outils GNU sont forcément au-dessus.
Mon avis sur la question
Je dis GNU/Linux car je trouve cela plus simple et plus cohérent. Pour
moi, Linux c’est le noyau, et GNU/Linux le système d’exploitation
complet. De plus, je suis partiellement d’accord avec les arguments de
Richard Stallman.
Il suffit de regarder le nombre d’outils qui viennent du projet GNU
dans une distribution GNU/Linux pour se convaincre de l’importance du
projet GNU. Mais un système GNU/Linux[*] ne contient pas exclusivement
le noyau Linux et les outils du projet GNU. Donc il y a une injustice
envers les autres projets intégrés dans le système, comme le serveur X
(XFree86 ou X.Org) qui est incontournable de nos jours. Pour être
juste, il aurait fallu créer un autre nom pour désigner le système
complet, mais maintenant l’habitude est prise. Linux s’est imposé
auprès des entreprises et des particuliers...
En y réfléchissant un petit peu, ce nom peut être celui des distributions, mais cela ne règle pas tous les problèmes...
Faire avec quoi ?
Les questions sur quel langage de programmation utiliser pour
programmer ceci ou cela reviennent souvent sous GNU/Linux. Ce type de
question n’est pas propre à GNU/Linux, c’est propre à toute
l’informatique. GNU/Linux fournissant un grand choix de langage et
incitant fortement au développement que ce genre de question est
courant.
Nous avons donc des divergences d’opinions sur le meilleur langage de
programmation à utiliser, surtout lorsqu’il s’agit de conseiller un
débutant en programmation ! Un langage compilé (C/C++,...), un
semi-interprété (java,...) ou un interprété (perl, bash,...) ? Itératif
(C) ou Objet (python) ?
Bref, on peut ne jamais s’en sortir. Sachez seulement que beaucoup
d’applications sous GNU/Linux sont faites en C ou C++. Le noyau Linux,
par exemple est en C et en assembleur. Les applications Gnome sont en
C/gtk et les applications KDE en C++/qt.
De plus, il peut se révéler simple et judicieux de se mettre au script
shell bash (voir aussi ici). Tout dépend en fait des dimensions de
votre projet et de vos intensions concernant sa publication. Eric S.
Raymond a écrit ce guide pratique à ce sujet.
Trop de choix ?
Une question qui revient souvent : pourquoi avoir autant de projets
concurrents qui font la même chose, alors qu’il serait plus performant
que tout le monde travail sur un seul projet ? L’exemple typique, c’est
le nombre de distributions GNU/Linux.
Pas mal de monde aimerait qu’il y ait moins de projets et que les gens
se regroupent plus, afin d’avoir peu de projets, mais mieux faits,
moins buggés et avec plus de fonctionnalités.
A mon avis, il y a autant de projets tout simplement pour deux raisons :
* Car chacun est libre de faire ce qui lui plait. Si
ce que vous voulez existe mais ne vous convient pas, personne ne peut
vous interdire de créer le vôtre.
* Les licences Libres permettent de prendre le
travail effectué et de le modifier à sa convenance. Et si l’auteur
original ne veut pas, pour une raison ou une autre, de vos
modifications, vous faites ce que l’on appelle un fork en créant votre
propre version du logiciel.
Et puis, qu’y a-t-il de mal à la diversité ? Nous reproduisons un
éco-système où la sélection naturelle fera son travail en éliminant les
mauvais projets. Car un projet sans utilisateurs ne vivra pas bien
longtemps.
Quelques forks célèbres
Voici une liste de quelques-uns des forks d’applications célèbres afin
de vous montrer à quoi cela peut aboutir. Les forks étant parfois
aussi, ou plus, célèbres que les originaux.
* XEmacs fork d’Emacs.
* Fluxbox fork de Blackbox.
* X.Org fork de XFree86.
* Je ne parlerai pas des forks de distributions !
Les distributions
Vous avez certainement remarqué qu’il y a une grande diversité de
distribution GNU/Linux et plusieurs systèmes BSD. Chacune ayant ses
avantages et ses inconvénients. Chacune ayant sa politique et chacune
ayant ses inconditionnels et ses détracteurs ! L’histoire des goûts et
des couleurs...
Chacun choisira sa distribution en fonction de ses besoins, de ses
envies et de son niveau. Mais tout le monde a/aura du mal à comprendre
que quelqu’un puisse ne pas aimer, voire détester, la distribution
qu’il utilise. D’où batailles rangées des inconditionnels contre les
détracteurs.
Je précise ce que j’entends par politique d’une distribution. En fait
c’est la façon d’agir, de réagir et de défendre ou non le Logiciel
Libre et la communauté du Libre. Par exemple, certaines distributions
ne sont absolument pas commerciales et fournissent tous leurs outils en
Open Source. Par contre d’autres ne sont que commerciales et
développent des outils propriétaires. Et d’autres sont en partie Open
Source et en partie Closed Source.
Clico-drame...
Certainement l’une des plus belles et des plus symptomatiques querelle
entre les utilisateurs à propos des distributions, c’est l’opposition
entre les afficionados de la ligne de commande et ceux de l’interface
graphique. "Clicophiles vs Clicophobes" !
En effet, pour tout ce qui est administration de la distribution et de son système, nous avons deux choix :
* Passer par la ligne de commande et l’édition de
fichier de configuration : Permet de configurer de façon très fine,
mais réputé difficile et pour les pros.
* Passer par une interface graphique (d’où le clic
de souris :-) ) : Censé être plus simple et plus accessible à tous,
mais ne permet pas ou rarement les réglages fins et particuliers.
Les distributions ont par défaut une des 2 philosophies ci-dessus. Avec
une distribution ayant pour philosophie l’interface graphique, il est
souvent possible, plus ou moins facilement, pour l’utilisateur de
passer par la ligne de commande. A l’inverse les distributions de
l’autre philosophie s’appuient souvent sur une solide documentation
pour accompagner leur prise en main.
KDE vs Gnome
C’est une petite guérilla qu’il y a entre les utilisateurs de KDE et
ceux de Gnome ! Les seules raisons que je vois sont les suivantes :
* KDE est le premier des deux, mais il est basé sur
la bibliothèque Qt qui pendant longtemps n’était pas Libre. Donc les
puristes du Libre, la communauté du Logiciel Libre[*] en particulier,
ont décidé de développer un environnement concurrent complètement
Libre, Gnome. Maintenant que Qt est Libre (sous certaines conditions),
il subsiste néanmoins une animosité...
* N’étant pas basé sur la même bibliothèque
graphique, leurs conceptions techniques sont différentes. KDE est
orienté objet et pas Gnome. Donc pour les techniciens et les
développeurs de logiciels, cet argument entre en ligne de compte et est
important. Au vu du nombre de logiciels graphiques tournant sous Gnome,
il semble que Gtk, la bibliothèque graphique de Gnome, soit plus simple
à utiliser. Mais le code source est techniquement moins beau.
* L’organisation et la philosophie des bureaux sont
différentes. KDE est souvent considéré, à tort ou à raison, comme
voulant copier le système d’exploitation en position de monopole.
* Les goûts et les couleurs, ça ne se commande pas !
D’une façon générale, il y a aussi des querelles avec les autres
environnements de bureau, tel que Window Maker (dit WM[*]),
Enlightenment, Xfce,... Mais KDE et Gnome représentent la majorité des
utilisateurs, la querelle est donc plus importante.
Il faut ajouter que cela est en train de changer car les projets KDE,
Gnome et d’autres sont en train de se rapprocher afin de devenir plus
compatible les uns avec les autres (projet FreeDesktop).
Vi vs Emacs
Vi et Emacs sont deux éditeurs de texte plutôt destinés aux développeurs.
Vi (ou Vim) est l’éditeur de texte historique par défaut et existant
sur tous les systèmes Unix. C’est un éditeur puissant mais dont la
prise en main est déroutante.
Emacs (ou XEmacs) est l’éditeur de texte créé par Richard Stallman.
C’est aussi un éditeur puissant, un peu moins difficile à prendre en
main que Vi. Il peut faire tellement de choses, qu’il est considéré
comme un système dans le système. Aujourd’hui, il est aussi sur la
plupart des systèmes Unix.
C’est purement une histoire de goûts et de couleurs. Ceux qui
maîtrisent Vi disent qu’il n’y a rien de mieux, et c’est la même chose
pour ceux qui maîtrisent Emacs.
Les débutants
Ce n’est pas vraiment une querelle, mais les nouveaux, les débutants
sous un système Unix Libre sont plus ou moins bien accueillis selon où
et comment ils posent leurs questions. Les expérimentés ne sont pas
méchants, ils ne veulent pas garder leurs connaissances pour eux et ils
ne détestent pas les débutants, par contre, ils détestent :
* Ceux qui ne sont pas polis. Ne pas dire Bonjour,
Merci ou Au revoir, même si sur Internet on peut avoir l’impression du
contraire, on s’adresse à des personnes. Voir la netiquette.
* Ceux qui crient et/ou demandent une réponse
rapide. Ne pas oublier que l’on parle à des personnes qui aident
bénévolement sur leur temps libre. Crier sur Internet : Ecrire en
majuscules et/ou avec trois tonnes de points d’exclamation.
* Ceux qui posent une question dont la réponse se
trouve partout avec un minimum de recherche. Ce point est sujet à une
interprétation personnelle de celui qui répond et de l’endroit où est
posée la question. Par exemple sur certains newsgroups, les RTFM[*]
volent à tout va. Comme pour les forums, la manière de répondre dépend,
entre autre, de la taille du newsgroup. Moins il y a de participants,
plus il est petit, plus il y a de chance que l’on vous réponde
gentiment. Mais cela fatigue et énerve de répondre toujours aux mêmes
questions, surtout lorsqu’il y a une tonne d’articles bien faits et des
forums pleins de questions semblables avec des réponses complètes.
* Ceux qui posent leur question au mauvais endroit.
Poser une question sur la Mandriva (anciennement Mandrake) sur un
newsgroup Debian n’est pas une très bonne idée. Il en va de même pour
les distributions dérivées : Ne posez pas de question à propos de la
Vector sur un forum Slackware, même si la Vector ressemble beaucoup à
sa maman. Vous vous mettriez en conflit avec les inconditionnels[*].
Donc si vous êtes débutant sous GNU/Linux, faites attention à comment
vous posez vos questions et faites l’effort de rechercher préalablement
la réponse. Aujourd’hui, vous ne comprenez certainement pas pourquoi,
mais vous verrez, quand ce sera à votre tour d’aider, vos débutants et
vous-même reproduirez cette querelle de génération permanente.
Les Trolls
Sur linux-france.org : "Un Troll est donc sur l’Usenet, soit 1°) un
sujet qui fâche (e.g. « Mac ou PC ? »), soit 2°) un individu qui
persiste à lancer des discussions sur des sujets qui fâchent."
Vous l’avez compris, tous les sujets ci-dessus et autres Guerres de
religion qui fâchent la communauté sont des sujets à trolls par
excellence. Donc cet article aussi ! ;-p
Fraternité et partage
Pour terminer ce sujet brûlant des querelles intestines, ou trolls, je
tiens à vous rassurer. La grande communauté participant aux Logiciels
Libres ne passe pas son temps à se quereller sur des points de détails.
C’est une communauté d’entre-aide et de partage du savoir et de la
connaissance. Beaucoup de personnes sont prêtes à vous aider dans la
bonne humeur et l’amitié.
Enfin, sachez que les petites querelles ci-dessus ne sont pas grand chose en comparaison de ce que subissent ses ennemis...
Dernière : Les ennemis
Je vais me faire des ennemis, moa...
Les médias
Ce ne sont pas des ennemis, mais ce n’est pas non plus une querelle
intestine. Donc ils sont là. La communauté leur reproche principalement
et souvent trois choses :
* De faire l’amalgame entre les pirates et les hackers (dans le sens noble du terme).
* De ne pas assez parler du Logiciel Libre et quand ils en parlent de souvent dire des bêtises.
* De véhiculer des clichés discréditant le Libre.
Microsoft
Microsoft is not the answer, it is the question. The answer is NO !!!
(fast sur alt.os.linux, "Microsoft n’est pas la réponse, c’est la
question. La réponse est NON !!!")
Voici l’Ennemi par excellence de la communauté du Libre. Cette
entreprise de part sa position de monopole, ses déclarations et ses
activités représente le Mal à combattre.
Vous avez parfaitement le droit d’aimer et d’utiliser les produits de
cette entreprise, chacun est libre, mais faites attention à où vous le
dites et ne le criez pas trop fort... ;-)
J’ajouterai tout de même que d’une façon générale, tous les éditeurs de
logiciels propriétaires (Adobe, Apple, IBM, HP, Sun, Oracle,...) sont
dans le collimateur de la communauté, certains plus que d’autres ! Ce
qui peut sembler étrange, c’est le fait qu’une enquête auprès de la
communauté du Libre montre que la majorité des développeurs de
logiciels Libres travaille dans l’informatique et fait des logiciels
propriétaires. Au moment d’écrire ses lignes, une nouvelle enquête
auprès de la communauté est menée. Voir ici pour plus d’informations.
Et tout ce petit monde, les éditeurs de logiciels propriétaires et la
communauté du monde Libre, se livre à une véritable Guerre de
l’informatique !
La vente liée
L’une des raisons pour lesquelles Microsoft est en position de monopole
sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC, c’est la vente liée.
C’est à dire l’obligation d’acheter MS Windows lorsque l’on achète un
PC.
Avez-vous déjà essayé d’acheter un PC sans l’un de leurs systèmes
dessus ? C’est la galère pour un PC de bureau, sauf à aller chez un
assembleur, et c’est presque impossible pour un portable !
Le problème ? C’est illégal en France ! Voir cette dépêche et l’avis du Ministère.
Normes, standards et ouverture
Les standards Internet sont le fruit de la guerre IE/Netscape. Ils ont
été mis en place par le consortium W3C afin de sortir de ce qu’on a
appelé la "balkanisation du net" résultant de ce que chacun tentait de
rendre les sites impraticables par le concurrent. Aujourd’hui encore
Microsoft continue à imposer son navigateur (techniquement en retard et
ne faisant, jusqu’à récemment, plus l’objet de développements) en
compliquant la tâche des développeurs web soucieux de concevoir des
sites qui laissent à l’utilisateur final le choix de ce qu’il veut
utiliser. Pour en savoir plus sur les enjeux des standards, vous pouvez
lire ceci : Pourquoi les Standards ?
Utilisation de MS Windows dans ce document
C’est un choix personnel que je trouve cohérent. Je dis GNU/Linux, je
me dois de dire MS Windows. Mais la raison principale est que je
considère Windows comme une marque invalide. En anglais, Windows est un
mot courant qui signifie fenêtres, même en informatique, domaine
d’activité de Microsoft, le mot fenêtre est utilisé pour définir un
environnement graphique, dont ils ne sont pas les inventeurs (ils n’ont
fait que copier sur Macintosh qui eux-même ont copié sur Xerox, projet
Lisa) et n’ont donc aucun droit de déposer la marque Windows. De ce
fait à mes yeux la marque c’est Microsoft Windows mais comme je suis
fainéant, je dis MS Windows.
Les brevets logiciels
Bien que la directive sur les brevets logiciels ai été rejetée par le
parlement Européen le 06 Juillet 2005, il ne faut pas cesser de
surveiller les actions des pros-brevets qui, ayant dit qu’il n’y aurait
pas d’autres propositions, reviennent déjà à la charge.
Le problème des brevets logiciels ne concerne pas que les Logiciels
Libres. Mais pour les Logiciels Libres, les brevets sont mortels.
Vous, vos voisins, vos parents et amis sont concernés. Tout le monde
est concerné par ce qui aurait dû être un débat public, mais est resté
discret pour des raisons évidentes.
Le TCPA et l’ex-Palladium (next-generation secure computing base) sont
les deux exemples montrant bien que les brevets Logiciels sont
dangereux pour l’industrie informatique et nos libertés.
Mais je ne vais pas redire ce que d’autres disent mieux que moi :
* Apprenez en moins de 15 minutes tout ce que vous devez savoir sur les brevets logiciels en Europe.
* Les brevets logiciels par l’Abul.
* L’Académie de technologie.
Note : Avouez que le nouveau nom de Palladium, next-generation secure
computing base, est bien trouvé, non ? Cela ne fait pas peur, c’est
trop long pour être fréquemment utilisé, c’est anti marketing au
possible et c’est presque impossible à retenir. Qu’est-ce qu’ils sont
fort chez Microsoft quand il s’agit de compliquer la tâche des
protestations ! Enfin quoi ? C’est vrai : trop de monde commençait à
savoir ce qu’est Palladium et à protester, il fallait détourner les
regards. La forme change, le fond reste...
L’industrie du disque et du cinéma
Quel est le rapport avec le Logiciel Libre ? C’est que ces industries
ont un pouvoir considérable. Elles font du lobbying très actif auprès
de nos représentants, les élus, pour faire voter des lois afin de
protéger leurs intérêts.
Par exemple en France, la taxe sur les supports numériques vierges,
tels que les CDROMs, DVDs, mémoires flash et disques durs, ce sont
elles. Un autre exemple aux USA : c’est sous leur pression que les
brevets logiciels ont été votés. Et elles ne sont pas encore contentes,
elles veulent aller plus loin. Elles passent des accords avec les
éditeurs de logiciels pour protéger leurs intérêts, ce à quoi va servir
le brevet logiciel next-generation secure computing base[*]. Des
technologies sont créées juste afin de nous empêcher de lire nos CDs et
nos DVDs sur les PCs, sauf avec leurs logiciels, bien entendu,
propriétaires. Donc elles essayent de nous imposer avec quoi et comment
lire nos CDs mais se faisant, elles nous imposent aussi le système
d’exploitation.
A lire :
* Devinez qui vient fouiller chez vous ce soir
* Pouvez-vous faire confiance à votre ordinateur ?
Bien évidement, elles se défendent en clamant haut et fort qu’elles
défendent les intérêts des artistes qu’elles représentent. Mon doigt
dans l’oeil jusqu’au coude ! (Il faut bien rire un peu, non ?) Je vous
invite à lire :
* Janis Ian, une artiste américaine, c’est en anglais, mais c’est très révélateur.
* Cette interview en français sur la protection contre la copie. -* Du bon usage de la piraterie.
En France, la copie privée est un quasi-droit (une exception au droit
d’auteur pour être exact), qu’elles essayent de nous enlever. Donc les
maisons disques sont hors la loi lorsqu’elles vendent des CDs protégés
et incopiables, pire : illisibles sur un PC !
Éthique et morale
Pas gratuit, Libre !
Pour beaucoup de monde, Libre est synonyme de gratuit, surtout pour les
anglophones car pour eux libre et gratuit c’est le même mot "free".
Mais c’est faux ! Il faut enlever cette idée de la tête. Il y a une
éthique et une morale universelles derrière le mot Libre. Cette morale
est que l’information et les connaissances doivent être accessibles à
tous. Et chacun doit pouvoir réutiliser ce qu’il a appris. Gratuit,
c’est purement pécunier...
Même si un logiciel Libre implique souvent qu’il est, de fait (la
liberté 2[*]), gratuit, sa qualité principale est la liberté
d’utilisation ! Rien n’empêche de vendre un Logiciel Libre.
Rendre un peu de ce que l’on reçoit
Je pense que le titre est explicite, non ? Ce n’est pas parce que l’on
peut télécharger, utiliser gratuitement et en toute légalité un
Logiciel Libre qu’il faut ne rien faire ! Le développement de ces
Logiciels Libres n’est pas gratuit pour ceux qui les font. Les
développeurs passent beaucoup de leur temps libre et certains dépensent
même de l’argent afin de garder leur projet en vie.
Pour ces raisons, je vous invite à rendre un peu de ce que vous recevez. Votre contribution peut prendre plusieurs formes :
* Acheter votre distribution préférée afin de la
soutenir financièrement. De préférence choisissez une distribution
Libre.
* Faire des dons financiers ou matériels aux projets
que vous aimez et utilisez. Comme disent les anglophones :Put your
money where your mouth is ("Met ton argent là où est ta bouche").
"Investissez votre argent dans ce que vous défendez/avancez/prônez".
* Participer au développement d’un projet, en
écrivant de la documentation, en traduisant, en développant ou ne
serait-ce qu’en remontant les bugs.
* Adhérez à une association qui défend et promeût le Libre.
Et bien sûr, pour tout le monde, en plus de ce qui précède, aidez les débutants comme d’autres avant vous vous ont aidé.
Rendre à César ce qui est à César
Ce n’est pas parce qu’un logiciel est Libre que vous avez le droit de faire tout ce que vous voulez !
Il faut respecter le droit d’auteur qui lui est inaliénable, qui ne
peut être retiré. L’utilisation de Logiciel Libre ne doit pas être
seulement une histoire d’argent. Il faut perdre vos réflexes
d’utilisateurs de MS Windows et cette habitude de piratage.
J’en profite, pour dire qu’il faut respecter toutes les licences ! Même
celles des logiciels propriétaires. Il est tout aussi illégal et mal
d’utiliser un logiciel propriétaire, quel qu’il soit, sans l’avoir
acheté que de changer l’auteur d’un logiciel Libre ou de lui voler son
travail pour le revendre. Le fait que ce soit de grosses entreprises
très riches ne change rien à l’illégalité et à l’immoralité du vol
qu’est le piratage.
En plus, malgré ce que l’on pourrait croire, le piratage favorise et
arrange les éditeurs des logiciels piratés. Car cela impose leurs
technologies, leurs protocoles et leurs formats de fichiers. La guerre
contre le piratage qu’ils mènent est un double-jeu. Ils nous font
croire que le piratage les met en danger et qu’ils perdent beaucoup
d’argent, mais en même temps le fait d’être piratés ne les gêne pas
tant que cela. En plus ils le disent, il suffit d’écouter : « Tant
qu’ils volent les logiciels, nous voulons que ce soit les nôtres. Ils
deviendront en quelque sorte dépendants, et alors nous trouverons bien
comment les faire payer au cours de la prochaine décennie. » Bill
Gates, CEO de Microsoft.
Le respect des licences s’applique aussi d’une façon générale aux
droits d’auteurs, qu’il faut respecter. Cela concerne donc tout ce qui
est sous droit d’auteur : MP3, DivX, DVDs, CD audio, images, textes,...
Vous pouvez avoir ou faire des copies seulement pour votre usage
personnel dans un cadre privé, et - dans le cas des logiciels - si vous
avez les originaux.
Enfin, en tant qu’utilisateur de Logiciels Libres, il faut montrer le
bon exemple : Nous respectons les autres et nous ne sommes pas des
voleurs (pirates) ! Car si nous ne sommes pas respectueux et honnêtes,
comment voulez-vous que les autres nous respectent et nous prennent au
sérieux !?
Ne trichez pas, changez de jeu !
Les règles du jeu actuel en matière d’édition et de diffusion de
logiciels sont édictées par les logiciels propriétaires. Vous n’êtes
pas d’accord avec celles-ci ? Alors au lieu de tricher (pirater), et
donc de conforter les règles actuelles, changez de règles et donc de
jeu !
Il est nécessaire de distinguer l’utilisation opportuniste du Libre
(vouloir quelque chose de gratuit) et son utilisation militante
(vouloir un autre modèle de développement des logiciels en particulier
et de la production intellectuelle en général), cette dernière étant la
seule qui ait un sens.
Etre un Saint...
Etes-vous un Saint de l’église Emacs ? Drôle de question n’est ce pas ?
L’église Emacs est une invention, un jeu, de Richard Stallman à la fin
de ses conférences. Je rappelle que Richard Stallman est le créateur de
l’éditeur Emacs, l’initiateur du projet GNU et des licences GPL et FDL.
Richard va plus loin que César[*] ( que Jésus, en fait : Mt 22.21 ;-)
), il dit que c’est Mal d’utiliser un logiciel non Libre ! Donc pour
être un Saint de l’église Emacs, il faut utiliser seulement, et
uniquement, des Logiciels Libres. Attention, pas gratuit ou en partie
Libre, 100% Libre !
Euh... C’est mon but, j’y travaille ! ... Un jour, je serai un Saint ! ;-)
Voilà où sont vos pieds !
"Si j’avais su, j’aurais pas venu !" (La Guerre des boutons, film de Yves Robert en 1961 et surtout un livre de Louis Pergaud)
Vous venez de découvrir une partie de la zone Libre. Comme vous pouvez
le constater, c’est un milieu riche et complexe qu’il est assez
difficile d’appréhender dans son ensemble. Ce qui d’ailleurs n’était
pas le but de cet article. Au cours de vos aventures à venir, vous
rencontrerez certainement d’autres querelles et d’autres ennemis. A
n’en pas douter vous vous construirez alors votre propre opinion et
votre propre éthique concernant la philosophie des Logiciels Libres.
J’espère que vous avez appris quelque chose. Pour ma part, j’ai essayé
d’être le plus honnête et impartial possible, mais je ne suis qu’un
humain acquis à la cause du Libre... Ainsi, tout ce qui est dit dans ce
document est, normalement, vérifiable par tout à chacun. D’où la
multitude de liens. Le cas échéant, n’hésitez pas à m’envoyer vos
remarques, vos corrections et vos informations.
Remerciements
Pour cet article, il y aurait beaucoup de monde à remercier. Dont la
plupart ne savent même pas qu’ils ont participé ! Donc... Merci ! ;-).
Powered by...
Rédigé sous (g)Vim, testé à l’aide de Firefox, envoyé grâce à Sylpheed, tout ça sous Fluxbox avec la Slackware ! ;-p
De circonstance
"La grande révolution dans l’histoire de l’homme, passée, présente et
future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres."
(John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des Etats Unis d’Amérique)
Un petit lexique
Généralités :
* Open Source : se dit d’un logiciel dont les
sources (la recette de cuisine) sont ouvertes, à la disposition de tous
librement.
* OS : Suivant le contexte peut signifier Open Source ou Operating System (Système d’Exploitation, SE).
* SE : Suivant le contexte peut signifier Système d’Exploitation ou Second Edition.
* *nix : Représente la famille des Unix. *nix = mot ou fichier finissant par nix en ligne de commande.
* ll ou LL : Signifie Logiciels Libres.
* OSS : Suivant le contexte peut signifier Open Source Software ou Open Sound System for linux.
* Closed Source ou CS : se dit d’un logiciel dont
les sources restent fermées, secrètes. En opposition avec Open Source.
* Logiciels propriétaires : Logiciels dont les
sources sont fermées (voir Closed Source). Et généralement, ils sont
payants mais pas toujours, par exemple les freewares (ou gratuiciels),
leurs sources sont fermées mais ils sont gratuits. Ils ne sont donc pas
Libres.
Les distributions :
* mdk : Signifie Mandrake. Renommée depuis Mandriva.
* mdv : Signifie Mandriva.
* rh : Signifie Red Hat.
* slack : Signifie Slackware.
* LFS : Signifie Linux From Scratch, projet
permettant de construire son propre système GNU/Linux. Idéale pour
apprendre et voir l’importance du projet GNU dans le système.
* GNU : Signifie Gnu is Not Unix !, le projet GNU.
Les logiciels :
* OOo : Signifie OpenOffice.org, la suite Office Libre la plus connue.
* SysV : Autre dénomination du système d’initialisation System V, ce dit système 5.
* X, xfree, xorg ou serveur X : C’est le serveur graphique.
* WM : Suivant le contexte peut signifier Window
Manager (le gestionnaire de fenêtres) ou Window Maker (le gestionnaire
de bureau).
* FS : Signifie File System, organisation logique des fichiers et répertoires sur le disque dur.
* Connaître le nom des différents types de packages : RPM, DEB, TGZ, tar.gz/tar.bz2.
Expressions :
* RTFM : Viens de l’anglais Read The Fucking
Manual ("Lit ce putain de manuel"). On peut aussi résumer ça à faire
des recherches.
* STFW : Viens de l’anglais Search The Fucking Web ("Cherche sur le putain de web/internet").
Les normes :
* LSB : Signifie Linux Standard Base : projet visant
à normaliser et standardiser les distributions GNU/Linux.
* FHS : Signifie Filesystem Hierarchy Standard,
normes d’organisation des fichiers et des répertoires faisant partie du
projet LSB.
Apporter des modifications
Il vous est possible et permis de modifier ce document. Cependant en
raison du contenu politique, éthique et moral de cet article je vous
prie, dans la mesure du possible, de faire vos modifications uniquement
sur les faits, avec de nouveaux faits vérifiés et vérifiables, et non
sur les avis qui me sont personnels.
Copyright (c) 2003, 2005 Aymeric Bourguin .
Permission est accordée de copier, distribuer et/ou modifier ce
document selon les termes de la Licence de Documentation Libre GNU FDL
(GNU Free Documentation License), version 1.2 ou toute version
ultérieure publiée par la Free Software Foundation ; avec les Sections
Invariables qui sont ’Apporter des modifications’ ; sans Texte de
Première de Couverture , et sans Textes de Quatrième de Couverture. Une
copie de la présente Licence est incluse dans la section intitulée «
Licence de Documentation Libre GNU ».
|
Posted: 3:23 AM, 11/19/2005 |
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Le café du professeur McHale : blogs, RSS et signets partagés en classe
Puisse ce "faux témoignage" donner quelques idées aux enseignants en cette période de rentrée...
Une traduction que nous devons à Pierre Mounier, le chef d’orchestre du site Homo Numericus.
Les Technologies de l’Information et de la Communication pour
l’Enseignement (TICE) se heurtent quelquefois à la résistance des
professeurs qui voient l’irruption de l’informatique dans leur activité
comme une forme d’aliénation. Ils n’ont pas toujours tort, en
particulier lorsque l’informatisation est l’occasion pour un certain
nombre d’intermédiaires de faire émerger la notion de "briques" de
contenus, définies en dehors de toute relation pédagogique singulière,
interchangeables, et surtout vendables sur le nouveau marché de
l’enseignement. Les dispositifs techniques qui opèrent cette
redéfinition, les plate-formes d’e-learning, manifestent quelquefois de
manière caricaturale cette aliénation : la relation pédagogique de
l’enseignant avec ses élèves est désarticulée, pour fournir les
morceaux qui entreront sans peine dans une base centrale de contenus
formatés (et le formalisme technique de la base de données y joue un
rôle non négligeable) où les uns et les autres occupent une place
périphérique.
L’intermédiaire, structure publique ou opérateur privé qui possède,
configure et opère sur la plate-forme, gagne un pouvoir considérable en
devenant l’intermédiaire obligé par lequel toute relation pédagogique
doit passer.
Et si on essayait de faire l’inverse ? Et si les technologies de
l’information et de la communication pouvaient servir au contraire à
renforcer le pouvoir et l’autonomie des acteurs individuels,
enseignants, étudiants, parents, administratifs, au sein d’une
communauté éducative feuilletée, c’est-à-dire elle-même composée de
sous-communautés entrecroisées (par disciplines, centres d’intérêt,
statuts, niveaux, etc.) ? Et si ces technologies pouvaient servir du
coup à renforcer en l’enrichissant une relation pédagogique dont
l’intégrité est respectée, plutôt que de chercher à la démembrer pour
la faire entrer dans des contraintes définies ailleurs que dans la
classe ?
Depuis très peu de temps, Internet connaît une nouvelle révolution des
usages, liée à l’apparition de nouveaux outils de gestion de
l’information : issus de l’hybridation entre des outils de recherche
d’information, de publication et de mise en relation, les blogs, les
signets partagés, les agrégateurs de nouvelles ont cette particularité
d’être extrêmement simples techniquement et d’être centrés sur
l’utilisateur, singulièrement les opérations continues de
lecture/écriture qu’il mène sur le web (on parle de souvent de «
read/write Web »)
Un certain nombre de personnes s’intéressent de très près à
l’utilisation de ces outils dans le cadre d’une relation pédagogique.
Cela prend parfois la tournure d’expérimentations pures et assez
poussées, comme le backchannel sur lequel on lira une littérature
étonnante. Plus simplement, on peut s’intéresser à la manière dont on a
la possibilité d’utiliser des blogs, des signets partagés, des fils RSS
dans une classe. Will Richardson, qui publie un blog passionnant sur le
sujet est de ceux-là. Il a mis en ligne récemment un billet formé d’un
court récit où il imagine comment pourrait se dérouler le début d’une
journée d’un professeur d’anglais au lycée qui utiliserait
intensivement ces outils.
Évidemment, le récit à quelque chose d’artificiel puisqu’il s’agit de
déployer le maximum d’usages possibles en un minimum de temps. Mais il
donne beaucoup d’idées et, ne ce serait-ce que pour cela, il vaut la
peine d’être lu attentivement. En voici une traduction personnelle. Le
lecteur indulgent voudra bien en excuser la faiblesse, imputable au
fait que le traducteur, contrairement au héros de cette petite fable,
n’est pas professeur d’anglais.
« Tom McHale, un professeur d’anglais, pose sa tasse de café et allume
son ordinateur. Il est assis à son bureau, dans sa salle de cours. Il
est 7 heures moins 10 et il a quarante-cinq minutes devant lui avant
que ses élèves en journalisme ne viennent prendre place, encore tout
ensommeillés.
Il s’authentifie et ouvre son journal personnel sur l’intranet de
l’établissement. Il parcourt rapidement les titres du New York Times
qui sont affichés sur sa page d’accueil et clique sur l’un des liens
pour lire un article sur le journalisme de guerre qui, pense-t-il,
pourrait intéresser ses étudiants. Un autre clic : Tom utilise le
bouton « Envoyer à Scuttle [1] » qui se trouve dans sa barre d’outils.
Il ajoute un commentaire au formulaire pré-rempli qui s’ouvre sur son
écran, et l’ajoute à l’entrée « Journalisme » du système ScuttleEDU
installé sur le serveur de l’établissement. En une action, il a archivé
l’article pour pouvoir s’y reporter ultérieurement, et en même temps,
il a automatiquement envoyé le lien et son commentaire sur le portail
de son cours de journalisme. Ses élèves le verront apparaître
lorsqu’ils se connecteront.
Ensuite, il ouvre son compte Bloglines [2] et parcourt la liste de tous
les travaux que ses étudiants ont mis en ligne sur leur journal
personnel durant la nuit. Il remarque une réponse particulièrement
pertinente d’une élève, va sur son site personnel et y laisse une
appréciation positive sur sa proposition (il remarque que d’autres
élèves ont déjà fait de même). Là encore, il « scuttle » le site,
l’ajoutant sous l’entrée « Bonnes pratiques », qu’il enverra sur la
page d’accueil du cours pour que les élèves puissent en discuter, et
sur un blog particulier qu’il a créé pour garder trace des meilleurs
travaux d’élèves. Il est 7 heures.
Reprenant une gorgée de café, Tom jette un oeil sur les fils RSS qu’il
utilise pour ses recherches, sur Bloglines. On lui a demandé de faire
un travail de veille sur les technologies et l’enseignement de
l’écriture, et ce matin, il voit que le fil RSS de sa recherche sur
Google a fait apparaître une nouvelle version de « Write outloud ». Il
clique sur le lien, apprend ce qu’il y a de nouveau sur le site et
clique sur un autre bouton « Envoyer à Scuttle » qui enregistre le site
sur un compte partagé entre tous les enseignants de son département.
Dans le formulaire, il indique comment cette nouvelle version pourrait
profiter à tout le département. Il lui attache la balise « Technologie
» et archive automatiquement la page sur le blog du département
d’anglais. Plus tard dans la journée, tous les membres du département
verront le lien, ainsi que tous ceux qui auront été ajoutés par ses
collègues à partir des mails d’alerte qu’ils auront reçu de Scuttle. Il
décide aussi de créer un nouveau fil RSS à partir des résultats de
recherche sur « journalisme » et « weblog ». Un clic sur la barre
d’outils : une fenêtre de dialogue apparaît ; il tape les termes de
recherche et coche la case désignant Feedster.com [3] (parmi quatre au
total). Il confirme, et un nouveau fil s’ajoute au portail. A 7 heures
5, Tom envoie sur son journal personnel un devoir sur le symbolisme
pour son cours magistral sur la littérature américaine. Au moment de
l’ouvrir en ligne pour dernière vérification, il l’ajoute sous une
entrée particulière sur Scuttle, avec son identification en
enseignement d’anglais, ce qui envoie le devoir sur la page des Bonnes
Pratiques en littérature américaine du site d’anglais. Les autres
professeurs de littérature américaine vont recevoir une alerte par
e-mail, les avertissant qu’un nouveau devoir est disponible, qu’ils
pourront utiliser dans leur cours. Enfin, il ajoute un billet sur le
portail de sa classe de littérature avec un lien vers le devoir, et le
publie sur la page d’accueil du cours. Immédiatement, un e-mail est
envoyé aux parents qui ont demandé de pouvoir surveiller le travail de
leur enfant, ainsi qu’aux conseillers d’éducation qui suivent les
élèves en difficulté.
A 7 heures et quart, Tom décide de parcourir les fils d’actualités de
l’établissement qui agrègent tous les billets des blogs auxquels il est
abonné. Il voit que l’équipe de basket a remporté le tournoi du
département, qu’une nouvelle édition du journal de l’établissement est
en ligne, et que le secrétaire général a publié des informations
importantes sur un prochain exercice de sécurité. Il clique pour lire
le billet en entier et laisse un commentaire suggérant un moyen de
diminuer les bousculades dans les couloirs durant l’exercice (il
remarque qu’un parent a aussi demandé qu’on modifie l’heure de
l’exercice). De retour sur la page d’accueil, il décide de ne plus
suivre les actualités de l’équipe de football ; il se rend donc sur la
page des abonnements et décoche ce fil d’actualités. Il se rend compte
cependant que la partie des « Actualités » comporte un nouveau fil sur
les « Ventes de matériel », créé par le responsable informatique. Comme
il souhaite acheter un nouvel ordinateur pour la maison, il clique pour
s’inscrire.
25 minutes après, il vérifie son dossier de fichiers audio et voit
qu’une interview du directeur de l’établissement réalisée par deux de
ses élèves a été téléchargée sur son lecteur de mp3. Il le déconnecte
de sa station d’accueil et le met dans sa mallette de manière à pouvoir
l’écouter en voiture lorsqu’il rentrera chez lui après les cours. Si
l’interview est bonne, il pourra l’envoyer sur la page de podcasts [4]
de l’établissement où environ 135 abonnés (des parents pour la plupart)
le recevront automatiquement. Peut-être trouveront-ils des réponses à
leurs questions sur le projet de construction d’un nouvel immeuble.
Il reste à Tom quelques minutes avant le début du cours. Il ouvre son
journal personnel et tape quelques mots au sujet d’un projet de
littérature que ses étudiants devront terminer la semaine prochaine. Il
archive sa note dans le dossier « littérature », de manière à pouvoir
consulter toutes ses notes d’un coup s’il en a besoin. Maintenant que
le volume d’emails en attente dans sa boîte de réception a
singulièrement diminué, il parcourt les quelques messages restants,
sirote une dernière gorgée de café et ouvre la porte, laissant entrer
le brouhaha d’élèves joyeux. »
Article traduit de « Morning at RSS-Blog-Furl High School Redux », par
William Richardson sur Weblog-edd, the read/write web in the classroom,
21 août 2005.
[1] Scuttle est un système de signets partagés similaire à
deli.icio.us. ScuttleEDU est une adaptation en développement de Scuttle
pour les communautés éducatives. ScuttleEDU repose sur la prise en
compte du niveau d’enseignement de l’utilisateur et de sa spécialité
disciplinaire pour le marquage et le partage des signets (NDT)
[2] Bloglines est un agrégateur de fils RSS en ligne. Comme les
systèmes de signets partagés, il permet de découvrir les fils RSS
auxquels sont abonnés les autre utilisateurs, s’ils le souhaitent (NDT)
[3] Feedster.com est un moteur de recherche spécialisé sur le contenu
des fils RSS proposés, essentiellement, par les blogs (NDT)
[4] Le podcasting est un système de diffusion de fichiers mp3 attachés
à des fils RSS. Il permet de télécharger automatiquement sur son
lecteur mp3 des fichiers audio délivrés par les fils RSS auxquels on
est abonné
Issue de Flickr et sous licence Creative Commons BY-SA, la
photographie, qui ne représente ni Will Richardson ni Tom McHale, est
l’oeuvre de meneldur.
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Posted: 3:20 AM, 11/19/2005 |
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